Les pratiques
17 juin 2010Posté le : Les pratiques 1
Le Mahamoudra

Remontant au Bouddha Sakyamouni, puis transmises de siècle en siècle par les yogis ou mahasiddhas de l’Inde, les instructions du Mahamoudra furent introduites dans la lignée Karma Kagyu dès l’origine de celle-ci. Marpa le Traducteur les reçut en Inde auprès de ses maîtres, en particulier du pandita Naropa, et les transmit ensuite à ses disciples, dont le yogi Milarépa. Autant Milarépa s’inscrit dans la tradition indienne des chants mystiques, ou doha, en décrivant son parcours spirituel et ses expériences profondes dans ses fameux  » 100 000 chants ». Autant son successeur Gampopa, rompu à la scolastique bouddhiste, présenta le Mahamoudra dans des traités de facture plus traditionnelle. Les maîtres qui, tels les éminents Karmapa, continuèrent l’Å“uvre de ces fondateurs de la lignée Karma Kagyu s’inscrivirent à la croisée de ces deux traditions scripturaires et alternèrent les genres. Au sein de cette lignée, le texte intitulé « les souhaits du Mahamoudra », une Å“uvre composée par le troisième dans la succession des maîtres Karmapa, utilise une forme dont on peut dire qu’elle combine ces deux styles: expression brève et rythmée par la versification , mais structuration très élaborée du propos. Ainsi faite pour être récitée et servir de support d’inspiration à la pratique, cette composition ouvre-t-elle également à l’exégèse la plus savante.

Le très vénérable Kalou Rinpoché parle ainsi du sens étymologique du terme Mahamoudra:
« En tibétain, Mahamoudra se dit Tcha Gya Tchenpo (tib: Phyag rGya Chen Po). Tcha qui signifie geste ou symbole, désigne la vacuité primordiale,l’ultime mode d’être de l’esprit ainsi que de ce qui procède de sa faculté créatrice, le monde.Tous deux sont vides en essence. Gya , qui veut dire vaste, indique que rien n’existe au-delà de cette vacuité primordiale. Et Tchenpo, signifiant grand, montre que la réalisation de cela est la plus haute qui soit. »

Le Mahamoudra n’est pas à proprement parlé une méthode descriptive d’un mode productif et causal permettant de passer d’une situation à une autre.Il s’inscrit en fait dans la perspective du Vajrayana, sentier du fruit, où la situation de départ est la compréhension immédiate et non inférentielle de la nature fondamentale de l’esprit ( Mahamoudra – base). L’exercice est le maintien sans tension en cette reconnaissance (Mahamoudra – chemin) et l’apogée est l’état de dévoilement ultime ou état de Bouddha (Mahamoudra – fruit).
Ce qui fit dire à la dakini Sukkhasiddhi:
« Libre de l’activité mentale est Mahamoudra. Ne méditez pas, ne méditez pas, ne méditez pas avec le mental! »

Formulation qui se retrouve dans les souhaits de longue vie du très vénérable Kalou Rinpoché où nous pouvions lire:
« fruit du non-agir en le mental est Mahamoudra ».